Je vous avais raconté que je faisais partie d'une formation de Jeunes Critiques cet été qui m'avait amenée au Kunstenfestivaldesarts et au Festival d'Avignon. Hé bien la troisième et dernière partie de cette formation avait lieu la semaine passée, lors d'un colloque à Liège. Liège, prononcer Liiiche.
Le titre du colloque était : Le théâtre et ses publics : la création partagée. Ma formation était initiée par un théâtre, le théâtre de La Place, à Liège. Ce théâtre change de lieu l'an prochain et se pose la question de son public. Par là, il se pose la question du rôle du critique aussi qui est peut-être maintenant plus un accompagnateur dans le sens où il donne aux spectateurs un langage, une clé du processus des artistes. Car si vous allez un peu au théâtre vous vous rendez compte qu'on ne voit plus que des pièce avec des histoires et des personnages, mais aussi des fois plutôt des "résultats de processus de recherche". Donc pour comprendre tout ce qu'il voit, le spectateur a parfois besoin d'être un peu plus informé sur la démarche des artistes. Bref. C'était intéressant, on était là, sans plus. On servait plus à grand chose.
On ne devait plus vraiment écrire d'articles, quoi que je l'ai fait quand même. Outre des théoriciens, il y avait trois artistes invités pour le festival, on a donc pu assister à trois performances durant les 4 jours. Romeo Castellucci, LE gars hot du moment. Stephan Kaegi, un allemand intéressant qui fait du théâtre avec des gens de tous les jours, sur la vraie vie. Et Massimo Furlan, un artiste suisse avec qui j'avais travaillé à Lausanne.
Ce fut très drôle de le voir là-bas avec son équipe. J'ai d'ailleurs pris une journée off du colloque et endossé mon titre de journaliste pour pouvoir l'accompagner lors de sa répétition avant le show. C'était vraiment chouette car je suis tombée sur des suisses que je connaissais de mon expérience théâtrale à Lausanne, et des accents que je n'avais plus entendus depuis 4 ans.
La performance de Massimo consistait à rejouer une partie de foot marquante pour la Belgique, c'est-à-dire le match Belgique - URSS de 1986 à Mexico durant la FIFA. LA fois où les Belges sont entrés en finale, personne ne s'y attendait.
Seul dans le stade, pas de ballon. Un commentateur sportif qui regarde l'ancien match et commente tout en direct. Et Massimo qui fait exactement ce que le joueur qu'il incarne tout le long fait. De temps en temps on a des images de l'ancien match qui passent. Massimo est totalement synchro. Il y a eu prolongation. Bref pendant 2h il court partout et c'est finalement super drôle, touchant, absurde. Nous on devient des acteurs car on crie, on encourage, on est vraiment dedans !
En tout cas, le colloque a Liège, avec du recul, c'était pas mal plate, mais j'ai eu bin du fun pareil !
J'ai aussi revu mon directeur de Mémoire, Marcel Freydefont, invité, qui était super heureux de me revoir, on a passé les 4 jours ensemble à déconner, c'était très enrichissant. En se tutoyant et en rigolant aussi, c'était pas que du sérieux.
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